5 min de lectureYassine Chenik

Vente sur stock ou achat direct : simuler l'arbitrage

Vendre sur stock ou en achat direct (dropshipping B2B) ne donne pas le même prix de revient. Comment comparer les deux et simuler le bon mix par offre.

Vente sur stock ou achat direct : simuler l'arbitrage

En bref. Choisir entre vente sur stock et achat direct revient à comparer deux prix de revient : le stock, valorisé au prix moyen pondéré, et un achat neuf chez le fournisseur, au prix du jour. Le bon choix varie selon la référence, le marché et le délai. Mieux vaut donc simuler un mix que trancher tout ou rien.

Dans le négoce B2B, une même commande peut être servie de deux façons. Soit on la sert depuis son entrepôt. Soit on commande chez le fournisseur pour ce client précis, sans toucher au stock : c'est l'achat direct, qu'on appelle aussi dropshipping en B2B. Beaucoup d'entreprises décident au cas par cas, de tête. Le problème, c'est que les deux options n'ont ni le même coût, ni le même délai, ni les mêmes risques.

Chez un distributeur de câbles que nous accompagnons, cet arbitrage fait partie de chaque simulation de prix. Le projet complet est raconté dans notre article sur l'automatisation du pricing B2B. Ici, on s'arrête sur cette seule décision.

Quelle différence de coût entre vente sur stock et achat direct ?

Sur stock, la marchandise est déjà achetée. Elle est généralement valorisée au PAMP, le prix moyen pondéré des entrées en stock. C'est un coût historique : il reflète les prix auxquels vous avez acheté ces dernières semaines ou ces derniers mois.

En achat direct, le coût est celui du jour : prix fournisseur actuel, taux de change actuel, transport pour cette commande-là, douane éventuelle.

Le stock porte aussi des coûts absents du PAMP : l'argent immobilisé, l'entreposage, la manutention, le risque qu'une référence ne se vende plus. L'achat direct évite ces coûts, mais expose au prix du moment et, souvent, à un délai plus long.

Aucune des deux options n'est moins chère par principe. Tout dépend de l'écart entre le PAMP et le prix du marché au moment où vous faites l'offre.

Pourquoi le cours du cuivre change-t-il la réponse ?

Pour les produits indexés sur un métal, cet écart peut bouger vite. Si le cuivre a monté depuis vos derniers achats, votre stock est valorisé sous le marché. Le vendre au PAMP plus marge donne un prix compétitif, mais vous vendez moins cher que ce qu'il vous en coûtera pour le remplacer. Si le cuivre a baissé, c'est l'inverse : votre stock coûte plus cher que l'achat direct, et un prix calculé sur le PAMP risque de ne pas passer.

D'où une question de politique commerciale à trancher avant tout calcul : vendez-vous le stock sur son coût historique ou sur son coût de remplacement ? Il n'y a pas de réponse universelle. Il en faut quand même une, écrite, sinon chaque commercial applique la sienne. Le calcul de l'indexation elle-même est traité dans notre article sur le prix indexé sur le cuivre.

Pourquoi raisonner en mix plutôt qu'en tout ou rien ?

Parce qu'une commande est rarement servie à 100 % d'une seule façon. Le stock disponible ne couvre pas toujours les quantités, et certaines références partent de l'entrepôt pendant que d'autres sont commandées.

Chez notre client, chaque simulation de la plateforme de pricing a un réglage de mix, qui va de 100 % sur stock, où l'on écoule l'entrepôt, à 100 % en achat, où l'on ne touche pas au stock. Dans la démonstration, on met 80 % d'achat et 20 % de stock. Le moteur tient compte de ce mix dans le calcul du prix de revient. Les stocks et le PAMP remontent chaque jour de l'ERP, donc le coût du stock utilisé dans la simulation est celui de la veille, pas celui du mois dernier.

Deux autres réglages pèsent dans cet arbitrage. Les marges d'achat et de vente d'abord, modifiables à chaque simulation parce qu'elles varient selon le client. Le moment où s'applique la marge d'achat ensuite, avant ou après le transport. Un achat direct porte souvent un transport propre à la commande, et le marger ou non change le prix final.

Comment simuler l'arbitrage, concrètement ?

La méthode que suit notre client tient en quatre étapes :

  1. Créer une simulation pour le tarif ou le projet, avec les références concernées.
  2. Régler les paramètres de marché (cuivre, taux de change) et un premier mix, par exemple tout sur stock.
  3. Dupliquer la simulation et changer uniquement le mix, par exemple tout en achat direct.
  4. Recalculer, puis comparer les deux versions ligne par ligne.

La comparaison fait ressortir les références où l'écart de prix de vente est le plus fort, et c'est sur elles que la décision se prend. Sur certaines lignes, écouler le stock donne un prix nettement plus bas. Sur d'autres, l'achat direct coûte si cher que le prix de vente devient trop élevé pour être accepté. C'est précisément ce cas que notre client voulait voir avant d'envoyer une offre. La même mécanique sert pour le transport, détaillée dans comparer des scénarios de transport.

Chaque prix reste traçable : un clic sur une ligne affiche le prix d'achat, le prix de revient et le prix de vente, étape par étape. Vous pouvez voir la manipulation dans la démonstration en vidéo.

Quelles erreurs voit-on le plus souvent ?

  • Traiter le stock comme gratuit parce qu'il est déjà payé. Il a un coût, et le vendre sous son coût de remplacement réduit la marge des prochaines commandes.
  • Travailler avec un PAMP périmé. Si le stock et le PAMP ne remontent pas régulièrement de l'ERP, la simulation compare un coût réel à un coût d'une autre époque.
  • Appliquer la même marge aux deux options sans y réfléchir. Le risque n'est pas le même, et la marge peut le refléter.
  • Oublier les quantités. Une simulation tout sur stock n'a pas de sens si le stock ne couvre que la moitié de la commande.
  • Oublier le délai. L'achat direct est parfois moins cher et pourtant impossible à livrer dans les temps demandés.

Quelle règle poser en premier ?

Une règle simple et écrite : à partir de quel écart entre PAMP et prix du marché préférez-vous écouler le stock ou acheter ? Même approximative, elle rend les décisions cohérentes d'un commercial à l'autre, et elle devient le point de départ de toute automatisation.

L'étape suivante consiste à la faire calculer par un outil plutôt que de tête. C'est le type d'application métier que nous construisons pour des distributeurs, et d'autres projets sont présentés dans nos réalisations.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que l'achat direct, ou dropshipping, en B2B ?
C'est le fait de commander chez le fournisseur pour une commande client précise, sans puiser dans son propre stock. Le distributeur facture le client, mais la marchandise ne passe pas par son entrepôt. Le coût de revient dépend alors du prix fournisseur, du change et du transport du moment.
Comment valoriser le stock dans un calcul de prix de vente ?
La méthode la plus courante est le PAMP, le prix moyen pondéré des entrées en stock. Pour des produits dont le prix de marché bouge vite, comme ceux indexés sur le cuivre, il faut aussi décider si l'on vend sur ce coût historique ou sur le coût de remplacement, et écrire la règle.
Est-il plus rentable de vendre sur stock ou en achat direct ?
Cela dépend de l'écart entre la valeur du stock et le prix d'achat actuel, du transport de chaque option, des quantités disponibles et du délai demandé. Aucune des deux n'est gagnante par principe. La seule façon fiable de trancher est de simuler les deux et de comparer référence par référence.
Comment simuler un mix entre stock et achat direct ?
On définit une part servie depuis le stock et une part achetée, par exemple 20 % et 80 %, et le moteur en tient compte dans le prix de revient. On duplique ensuite la simulation avec un autre mix, on recalcule et on compare les prix de vente ligne par ligne.

Nos derniers articles

Parlons de ce que vous voulez construire

Un appel de 30 minutes pour cadrer votre besoin et voir si on est les bons pour le bâtir. Sans engagement.