
IA et automatisation en distribution B2B : par où commencer
Catalogue, pricing, offres, relances : dans quel ordre automatiser chez un distributeur B2B, et comment choisir le premier chantier sans se tromper.
Lire l'articleEXW, FOB, CIF, DAP, DDP : comment l'Incoterm d'achat et celui de vente modifient le prix de revient, et où placer transport, douane et marge.

En bref. L'Incoterm dit quels frais sont déjà dans votre prix d'achat et lesquels vous devez ajouter dans votre prix de vente. Le calcul se fait donc en deux chaînes : de l'Incoterm d'achat jusqu'à votre entrepôt (fret, assurance, douane), puis de votre entrepôt jusqu'au point prévu par l'Incoterm de vente. La marge vient ensuite, selon une règle unique.
Chez un distributeur, un prix faux vient souvent d'un frais oublié, ou compté deux fois, entre l'achat et la vente. L'Incoterm est l'outil qui évite ça, à condition de le traiter comme un paramètre du calcul et pas comme une mention en bas de l'offre.
Les Incoterms 2020, publiés par la Chambre de commerce internationale, comptent onze règles. Chacune fixe deux choses : qui paie quels frais, et à quel moment le risque passe du vendeur à l'acheteur. Elles ne disent rien du transfert de propriété ni du prix lui-même.
Sept règles valent pour tous les modes de transport (EXW, FCA, CPT, CIP, DAP, DPU, DDP) et quatre pour le maritime et le fluvial (FAS, FOB, CFR, CIF). Pour le pricing, celles que l'on croise le plus souvent se lisent ainsi :
Une remarque d'expérience : FOB et CIF sont souvent utilisés pour des conteneurs remis au terminal, alors que la CCI recommande dans ce cas FCA, CPT ou CIP. Pour le prix, cela change peu. Pour savoir qui porte le risque le jour d'un sinistre, cela change beaucoup.
Partez de ce que le fournisseur vous facture, dans sa devise et son Incoterm, puis ajoutez tout ce que cet Incoterm vous laisse :
Le résultat est un prix de revient rendu entrepôt. L'ordre des étapes compte, en particulier pour la douane. Dans l'Union européenne, la valeur en douane inclut en général le transport et l'assurance jusqu'à l'entrée sur le territoire de l'Union. Calculer les droits sur le seul prix fournisseur sous-estime donc la douane dès que l'achat se fait en EXW ou en FOB.
Reste la question de l'unité. Un transport se paie au conteneur, à la palette ou au kilo, alors que vous vendez au mètre, à la pièce ou au touret. Pour descendre du coût d'un conteneur au coût d'une unité vendue, il faut le nombre de palettes et la quantité par palette. Sans ces données logistiques, le coût de transport par unité est faux ou absent.
La deuxième chaîne part de votre entrepôt, ou directement du fournisseur quand vous vendez en achat direct, et s'arrête au point fixé par l'Incoterm de vente. Vendu en EXW, le prix ne contient aucun transport aval. Vendu en DAP, il contient la livraison jusqu'au client. Vendu en DDP, il contient aussi les droits et taxes à l'import dans son pays.
Conséquence directe : le même produit, pour le même client, n'a pas le même prix selon l'Incoterm vendu. L'Incoterm doit donc être un paramètre de l'offre, pas une colonne figée dans la fiche produit. Si votre fichier applique le même transport à tous les clients, il se trompe pour une partie d'entre eux.
Si vous appliquez votre coefficient de marge après le transport, vous margez sur le fret. Si vous l'appliquez avant, vous refacturez le transport à son coût. Les deux se défendent. L'écart grandit avec le coût du transport, et devient sensible quand on passe du maritime à l'aérien.
Ce qui ne se défend pas, c'est de faire l'un ou l'autre selon qui prépare l'offre. Écrivez la règle par défaut, et les cas où l'on s'en écarte.
Un calcul détaillé prend le prix réel du transport (fret maritime, conteneur, aérien), le nombre de palettes, le trajet et la douane. Il est juste, mais demande des données à jour.
Un coefficient multiplicateur, par exemple 1,05 pour 5 % de frais, va beaucoup plus vite. Il convient à un tarif général où les flux se ressemblent, beaucoup moins à un projet ponctuel avec un transport inhabituel. Le piège est de ne jamais revoir ce coefficient quand le prix du fret change.
Pour choisir entre maritime, routier et aérien sur une offre donnée, voyez notre article sur la comparaison de scénarios de transport.
Notre client distribue des câbles entre l'Europe et l'Asie, par voie maritime, routière et aérienne, avec plusieurs Incoterms, chacun avec sa propre logique de calcul. Tout se faisait dans des fichiers Excel mis à jour à la main.
Dans le moteur que nous avons construit, chaque simulation a deux chaînes : celle du prix d'achat et celle du prix de vente. Chacune reçoit ses transports et sa douane. Le transport se saisit soit en module détaillé (mode, prix, nombre de palettes, trajet), soit en coefficient quand il faut aller vite. L'Incoterm de vente est un paramètre de la simulation, tout comme l'application de la marge avant ou après transport, une demande propre à ce client.
Au lancement du calcul, la plateforme contrôle les données. Un produit sans quantité par palette est calculé sans coût de transport, et une alerte le signale au lieu de laisser passer un prix trop bas. Chaque ligne affiche ensuite le détail du prix d'achat, du prix de revient et du prix de vente.
Vous pouvez voir ces écrans dans la démonstration en vidéo. Le projet complet est décrit dans notre article sur l'automatisation du pricing en distribution B2B, et nous construisons ce type d'application métier sur les règles de chaque client.
Prenez vos trois flux les plus fréquents, un fournisseur et un type de client à chaque fois. Pour chacun, écrivez l'Incoterm d'achat, l'Incoterm de vente, et la liste des frais qui se trouvent entre les deux, avec leur source. La ligne qui n'a pas de source chiffrée est celle par où votre marge s'échappe.

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